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Repenser les modes de transport urbain

Fin février, la Commission européenne épinglait les gros problèmes de mobilité auxquels est confrontée la Belgique. Il y était dit que si la Belgique dispose, grâce à sa position centrale en Europe, «d'un réseau routier et ferroviaire dense et bien intégré dans les principales infrastructures européennes de transport», le pays souffre de ses embouteillages, lesquels sont les pires d'Europe en termes de temps perdu et de retards, conséquences du manque d'investissement dans les infrastructures. Il est communément admis qu'un pays développé devrait consacrer 4% de son Pib à ses infrastructures. Or, en Belgique, ce pourcentage est inférieur à 2%... Et cela se paye: les embarras de circulation ont en effet des conséquences économiques (retards de livraisons, réunions manquées ou délocalisations d'entreprises), mais aussi environnementales.

Si plusieurs villes du pays figurent en bonne place au classement mondial des métropoles les plus engorgées, c'est bien évidemment à Bruxelles que l'asphyxie est la plus criante. Par le plus grand des hasards, au moment même où les instances européennes enfonçaient le clou sur nos problèmes de mobilité, certains tunnels de la capitale rendaient les armes, avec pour effet de transformer chaque déplacement en parcours du combattant. Or, comme le relevait Michel Hubert, professeur à l'Université Saint-Louis Bruxelles et spécialiste des mobilités, «cette crise des tunnels est peut-être une opportunité unique pour repenser le système de transport bruxellois et changer de paradigme.» C'est que les temps ont changé. Lancée en vue de l'Expo 58, la construction des 29 tunnels routiers qui traversent aujourd'hui Bruxelles faisait partie d'un vaste projet qui visait à faire de la ville un lieu réservé principalement au travail de bureau et à l'accueil des institutions internationales. L'accessibilité en voiture était au cœur de cette vision fonctionnaliste. Mais alors qu'aujourd'hui, la plupart des grandes métropoles européennes sont passées à l'ère post-carbone et favorisent la mobilité douce, il serait dommage que Bruxelles rate le coche. Bien sûr, il ne faudrait pas verser dans l'excès inverse et clouer la voiture au pilori. Outre que tout le monde n'est pas égal devant l'offre de transport public, ce serait par ailleurs faire fi de l'avis du secteur économique repris dans une récente étude de l'Ulb sur le sujet où il apparaît que l'accessibilité de Bruxelles en voiture est un critère essentiel pour motiver les entreprises à s'y implanter. Mais pour l'instant, nous sommes dans un «entre deux» qui ne mène à rien: la voiture est stigmatisée, mais sans que cela s'accompagne d'un investissement massif dans les solutions alternatives. Il conviendrait donc, avant toute chose, de se doter d'une vision. Exercice encore bien plus compliqué que de dégager le budget nécessaire à sa mise en œuvre.

Adie Frydman

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