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Test sur chantier pour savoir si une brique peut être peinte

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Test sur chantier pour savoir si une brique peut être peinte

Une brique trop peu absorbante est davantage sujette au décollement de peinture.

© CSTC

Peut-on éviter qu'une peinture se détache de sa brique? Suite à des problèmes récurrents d'adhérence de peinture sur briques, les peintres étaient demandeurs d'une solution permettant d'identifier à l'avance les surfaces à risque. 
Le nouvel essai présenté ici est simple, rapide et peut être effectué sur chantier sur une brique en terre cuite pour pouvoir s'assurer au préalable de sa capacité à être peinte sans risque de décollement ultérieur.
Peindre une maçonnerie de briques n'est pas toujours sans risques. Les briques disponibles sur le marché sont très variées: lisses, structurées, étirées ou encore «moulées à la main». Or, sur chantier, une reconnaissance du support ne permet pas toujours de déceler à l'avance d'éventuels risques de décollements de peinture et de faire un choix préalable entre les briques pouvant être peintes et celles qui, si on les peint, présentent un risque. Il existe pourtant des briques dites «à peindre», mais cette mention ne repose sur aucun critère ni sur aucune déclaration de performance.
 
La recherche menée au CSTC (Centre Scientifique et Technique de la Construction, www.cstc.be) montre qu'avec des systèmes de peinture prévus pour la brique, moins celle-ci est absorbante, plus le risque de décollement est élevé. Un test simple permet désormais de vérifier directement sur chantier si une brique est apte ou pas à être peinte.
 
Ce test est clairement expliqué dans la vidéo de démonstration accessible sur le site du CSTC. On y voit Emmanuel Cailleux, chef de laboratoire adjoint, expliquer que chaque année depuis cinq ans, 20 % des problèmes de peinture qu'on soumet à la division «Avis techniques» du CSTC sont liés à une mauvaise adhérence sur brique. Sur le support «brique», les causes de décollement peuvent être très diverses. Il peut s'agir, par exemple, de remontées capillaires ou d'efflorescences de sel. On constate également - et c'est ce qui nous intéresse ici - des problèmes de décollement de peintures liés à une adhérence incorrecte de la peinture sur la brique. Et cette adhérence diminue clairement lorsque la peinture est appliquée sur des surfaces moins absorbantes.
 
Test de la goutte d'eau: si elle ne pénètre pas assez vite, c'est que cette brique ne peut être peinte.

Le test proposé par le CSTC

Pour la facilité du peintre, le CSTC lui propose donc dorénavant un test réalisable sur chantier, pour lui permettre d'identifier tout de suite les surfaces sur lesquelles il existe un risque de manque d'adhérence de la peinture appliquée et donc de décollement rapide de celle-ci. Le test reste limité à la reconnaissance de la surface de la brique; il vise à évaluer le comportement de la peinture en estimant la vitesse d'absorption de gouttes d'eau déposées à la surface de la brique. Pour réaliser l'essai, il est donc nécessaire de disposer d'un peu d'eau et d'un dispositif permettant de déposer à la surface de la brique un volume d'eau à peu près constant et qui ne soit pas trop important. La vidéo montre ainsi l'utilisation d'une micropipette de laboratoire, mais d'autres systèmes peuvent être utilisés, comme une seringue ou une pissette. Le test doit être effectué sur une surface propre et sèche. 
 
La goutte d'eau est ensuite déposée à la surface de la brique et le temps d'absorption est évalué. Pour les briques très absorbantes, l'absorption de la goutte d'eau est immédiate ou quasi-immédiate. Sur ces supports, le CSTC ne constate aucun défaut d'adhérence et le risque de décollement est donc faible. Sur les surfaces très fermées, le temps d'absorption peut être de plusieurs minutes et le CSTC constate des manques d'adhérence avec la majorité des systèmes de peinture testés. Le risque de décollement est donc grand et le CSTC déconseille de peindre de telles surfaces.

Que décider pour les «entre deux»?

Entre ces deux extrêmes, il existe une série de cas où la brique va absorber l'eau, mais de façon plus lente et plus modérée. Pour certaines briques - présentant une surface lisse ou dont le temps d'absorption s'étendant de quelques dizaines de secondes à une ou deux minutes - le comportement des peintures est plus aléatoire, constate le CSTC, et même si une adhérence correcte est d'abord observée, le CSTC conseille de vérifier le comportement de la peinture au moyen d'un test préalable.

Test à l'horizontale ou à la verticale?

Pour la facilité, le CSTC a effectué ses essais avec des briques posées à l'horizontale. Mais que faire s'il n'y a, par exemple, plus aucune brique disponible pour réaliser l'essai à l'horizontale? Pas de problème: faites le test sur le mur vertical, mais en veillant à ne pas y verser trop d'eau afin d'éviter les phénomènes de coulures qui peuvent perturber l'évaluation du temps d'absorption.
 
Pour une évaluation plus probante, le CSTC recommande de faire ce test sur au moins trois briques et en différents points de chacune de ces briques (au moins trois points par brique).
 

Références:

Compilation libre de l'article «Quelles maçonneries de briques peuvent être peintes?» paru en pages 24 à 26 du «CSTC-Contact 2021/4.10». Seul ce texte original peut être cité en référence. Cliquez ici pour en savoir plus.


Victor Vicour

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