Suivre La Chronique

Trois mesures pour lutter contre les pénuries de main-d’œuvre

Sujets relatifs :

,
Trois mesures pour lutter contre les pénuries de main-d’œuvre

Rien qu’en Wallonie, on enregistre 31.329 emplois vacants, soit une augmentation de 53% en un an. (© Centre multiservice des Samares)

Le paradoxe est connu: un nombre considérable de demandeurs d’emplois et de nombreux emplois qui ne trouvent pas preneurs. En Wallonie, on recense ainsi près de 190.000 demandeurs d’emploi et, si l’on en croit l’Union Wallonne des Entreprises (UWE), on enregistrait 31.329 emplois vacants au 3ème trimestre 2017, ce qui représente une augmentation de 53% en un an.

Le problème se trouverait principalement dans une inadéquation entre les compétences requises et acquises.

Une réserve de main-d’œuvre peu qualifiée

Selon les chiffres du Forem, près de la moitié (45,74%) des demandeurs d’emploi n’ont pas obtenu de diplôme de l’enseignement secondaire supérieur. Or différentes études ont toutes démontré un lien direct entre le niveau de compétences/qualification et les chances d’insertion sur le marché de l’emploi. Un demandeur d’emploi qualifié a deux fois plus de chance de trouver du travail qu’un non qualifié.

«La formation est une clé essentielle d’insertion. Dès lors, il est indispensable de mettre en œuvre des dispositifs de formation flexibles et adaptés aux réalités des entreprises, en évolution constante et rapide», souligne Pierre-Yves Jeholet, ministre wallon de l’Emploi et de la Formation. Celui-ci a néanmoins ajouté que «les entreprises doivent s’impliquer davantage et jouer un rôle actif dans la formation.» Cela a le mérite d’être dit alors que l’ancienne ministre en charge de la Formation, Eliane Tillieux, déplorait aussi le trop peu d’engagement des entreprises dans le processus de formation en alternance, lequel a pourtant largement fait ses preuves.

Il n’en reste pas moins que la pénurie de main-d’œuvre constitue actuellement un frein important au développement des entreprises. Celles-ci sont dès lors contraintes de ralentir leur expansion ou de renoncer à certains marchés.

Le paradoxe est connu: un nombre considérable de demandeurs d’emplois et de nombreux emplois qui ne trouvent pas preneurs. En Wallonie, on recense ainsi près de 190.000 demandeurs d’emploi et, si l’on en croit l’Union Wallonne des Entreprises (UWE), on enregistrait 31.329 emplois vacants au 3ème trimestre 2017, ce qui représente une augmentation de 53% en un an.

Rapprocher la formation des réalités de l’entreprise

Partant de ces constats, le Gouvernement wallon a adopté trois mesures qu’il espère fortes:

  • la réforme du Plan Formation Insertion (PFI)

Le PFI répond à un double objectif: d’une part, permettre aux demandeurs d’emploi d’acquérir des compétences avec un contrat à la clé et d’autre part, permettre aux entreprises de former leurs futurs travailleurs en fonction de leurs besoins. «Force est de constater qu’actuellement, cette mesure est sous-utilisée par les entreprises en raison notamment de contraintes administratives trop lourdes alors même que les taux d’insertion (97,8% à 12 mois et 98,2% à 18 mois) démontrent une insertion durable dans l’emploi. «La réforme proposée vise à rendre ce dispositif plus simple, plus flexible et davantage en adéquation avec les réalités des entreprises» a expliqué le ministre Jeholet. Son entrée en vigueur est prévue début 2019.

  • un incitant financier à la formation aux métiers en pénurie

Un incitant financier de 350 euros sera accordé à tout demandeur d’emploi qui réussira une formation dans un métier en pénurie. Au-delà de cet incitant, le demandeur d’emploi bénéficiera d’un coaching pour se préparer à l’entretien d’embauche qui lui sera garanti à l’issue de sa formation. 

Ce sera d’application dès le 1er septembre 2018.

  • Action «coup de poing pénuries»

Cette action au nom de jeu vidéo ultra-violent cible les pénuries particulièrement fortes rencontrées par des entreprises, grandes ou petites. Concrètement, dès que des entreprises cherchent au minimum 8 travailleurs pour la même fonction, elles peuvent introduire une demande au Forem. Celui-ci leur proposera un programme sur-mesure: sélection des candidats et plan de formation flexible. A l’issue de la formation, l’engagement d’au moins 80% des demandeurs d’emploi ayant réussi leur formation est garanti.

L’action vient officiellement de démarrer.

Sachant que ces mesures n’auront de chances d’aboutir que si tout les intervenants jouent le jeu, le ministre a tenu à préciser: «je compte bien évidemment sur le Forem et sa réactivité afin qu’il réponde au mieux aux besoins des secteurs mais j’attends aussi des fédérations sectorielles qu’elles remplissent pleinement leur rôle afin de rassembler les besoins et demandes des plus petites entreprises.» 

Nous vous recommandons

Infrastructures pénitentiaires: la formule «Design, Build, Finance & Maintain» est-elle vraiment une bonne affaire?

Infrastructures pénitentiaires: la formule «Design, Build, Finance & Maintain» est-elle vraiment une bonne affaire?

Dans son rapport «Maintenance des établissements pénitentiaires en partenariat public-privé», la Cour des comptes s’est penché sur le suivi par l’Etat, des activités de maintenance des[…]

19/12/2018 | JuridiqueActu sociale
Breda remporte l'Access City Award 2019

Breda remporte l'Access City Award 2019

Selon l’Upsi, les charges d'urbanisme locales risquent de tuer dans l’œuf de nombreux projets immobiliers

Selon l’Upsi, les charges d'urbanisme locales risquent de tuer dans l’œuf de nombreux projets immobiliers

Il y a urgence à développer une culture de la sécurité incendie

Il y a urgence à développer une culture de la sécurité incendie

Plus d'articles