Suivre La Chronique

Trop laxiste et pas assez clair pour les organisations environnementales

Sujets relatifs :

, ,
Trop laxiste et pas assez clair pour les organisations environnementales

Une pilule qui a du mal à passer pour le WWF et d’autres associations environnementales comme Greenpeace et les Amis de la Terre pour lesquelles ce label constitue une certification au rabais. Elles dénoncent tout d’abord l’absence de règles claires qui permet la certification de forêts sans audit de terrain. En outre, ce système étant établi par des fédérations de propriétaires forestiers (et non par des organismes neutres et indépendants), elles considèrent que ces derniers sont à la fois juges et parties. Ce à quoi le Pefc (qui bénéficie de son côté du soutien d’autres organismes environnementaux comme Natagora et Inter-Environnement Wallonie) objecte que si chaque pays ou région peut effectivement établir ses propres critères et modalités d’application, ce sont des auditeurs indépendants qui se chargent de procéder à la vérification.

Fsc contre Pefc: la guerre des labels forestiers

Le WWF a lancé, le 2 mai 2017, en collaboration avec l’aile belge du Forest Stewardship Council (Fsc), une vaste campagne de sensibilisation pour inciter les consommateurs à choisir des produits certifiés Fsc et faire grandir la notoriété de ce label en Belgique… Tout en occultant littéralement qu’il existe un autre grand système de certification forestière: le Pefc.

Avec cette campagne massive, à laquelle se sont associées plusieurs grandes enseignes (Brico, Casa et Carrefour), le WWF et le Fsc cherchent donc à développer la notoriété du label en Belgique. Et pour cause, en 2016, celle-ci était de 42%, un pourcentage moins élevé qu’aux Pays-Bas ou en Grande-Bretagne où elle atteint 50% et plus.

Jusque là, pas de problème. Le «hic» c’est que le WWF (à l’origine de la création du Fsc en 1993) présente ce label comme le seul système de certification crédible et indépendant. Et le Pefc? Pas un mot.

Un ostracisme qui n’a pas manqué de faire grincer des dents du côté du Pefc Belgium, l’antenne belge du Pefc international basé à Genève. Le Pefc rappelle ainsi que, non seulement il existe, mais aussi qu’il est le système de certification forestière le plus important au monde (avec 300 millions d’hectares de forêts certifiés dans 46 pays, contre 194 millions dans 82 pays pour le Fsc). Idem en Belgique où 300.000 hectares de forêts sont certifiés Pefc (exclusivement en Wallonie), pour 23.000 au Fsc (seulement en Flandre et à Bruxelles).

Deux labels, deux visions, une fracture

La foire d’empoigne entre les deux «labels» ne date pas d’hier. Pour en comprendre les tenants et aboutissants, il faut remonter aux origines, dans les années 1990.
Ce n’est qu’en 1992, lors du Sommet de la Terre de Rio, que la gestion durable des ressources naturelles trouvait enfin sa définition: «les ressources et les terres forestières doivent être gérées d’une façon écologiquement viable, afin de répondre aux besoins sociaux, économiques, écologiques, culturels et spirituels des générations actuelles et futures». Il est vrai que la déforestation prend alors des proportions inquiétantes.
Et l’année suivante, en 1993, un système de certification forestières baptisé Fsc voyait officiellement le jour… A l’initiative du WWF.

Trop cher et pas assez souple pour les propriétaires européens

A en croire de nombreux propriétaires forestiers, essentiellement européens, cette certification induisait cependant des coûts élevés. Ceux-ci estimaient également que le Fsc n’était pas assez souple. Destiné à être appliqué tel quel à toutes les forêts du monde, ce système faisait abstraction du fait que les problématiques forestières en Europe occidentale, mais également en Amérique du Nord n’ont rien à voir avec celles qui prévalent en Asie, en Amérique du Sud ou en Afrique. Et en 1999, à l’initiative de plusieurs fédérations de propriétaires forestiers européens, était créé le Pefc (Programme for the Endorsement of Forest Certification Schemes), un système qui, de l’avis de ses concepteurs, correspondait mieux aux spécificités de la forêt européenne, essentiellement morcelée et familiale.
Adopté par la majorité des pays européens, le Pefc est aujourd’hui le système le plus étendu au monde. Il a depuis été adopté par d’autres grands pays forestiers comme le Canada, les Etats-Unis, le Brésil, l’Australie, le Gabon, etc.



 

Et en Belgique?

En Belgique, où la gestion forestière relève de la compétence régionale, les trois Régions marchent en ordre dispersé.
En Flandre, où la forêt est très majoritairement privée (70%), les propriétaires forestiers étaient plutôt favorables au Pefc, mais le Gouvernement flamand a opté pour une certification Fsc. Quant à la Région bruxelloise (la Forêt de Soignes bruxelloise représente un peu moins de 1% de la superficie forestière de Belgique), elle a, elle aussi, opté pour la certification Fsc. En revanche, la Région wallonne, qui concentre sur son territoire 80% des surfaces forestières du pays, a officiellement adhéré à la certification Pefc en décembre 2003.
A l’heure actuelle, environ 50% de la forêt belge, surtout publique, est certifiée par une des deux marques).
Mais même sur un marché aussi ridiculement étriqué que le nôtre, la querelle entre les deux labels a trouvé un terreau propice pour y planter ses racines.
Dommage… Car dans l’intervalle, on estime qu’entre 130.000 et 150.000 km2 de forêt disparaissent chaque année dans le monde, dont les deux tiers dans la ceinture subtropicale (Afrique, Amazonie, Indonésie, principalement). Et 10% à peine des surfaces forestières mondiales sont actuellement certifiées, dont près de 90% en Europe et en Amérique du Nord.
 

Nous vous recommandons

Plus de la moitié des Belges souhaitent un logement durable

Enquête

Plus de la moitié des Belges souhaitent un logement durable

Une enquête menée auprès de 600 personnes par l'institut d'études de marché Profacts et le fabricant de tuiles Creaton révèle que 56% des Belges veulent se loger durablement et[…]

16/04/2021 | EnvironnementLogements
Huileries: 59 nouveaux logements passifs à finalité sociale à Forest

Huileries: 59 nouveaux logements passifs à finalité sociale à Forest

Vandersanden publie son premier rapport de développement durable

Vandersanden publie son premier rapport de développement durable

Tivoli GreenCity décroche une nouvelle récompense aux BREEAM Awards

Tivoli GreenCity décroche une nouvelle récompense aux BREEAM Awards

Plus d'articles