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«Un vent nouveau souffle sur l’immobilier»

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«Un vent nouveau souffle sur l’immobilier»

"Je crois fermement en l'immobilier en tant que service, dans lequel les big data, l'intelligence artificielle et la gestion intelligente des bâtiments occupent une place importante."

Pour notre rubrique «Parole de CEO», Darel Torremans (managing director de Miix) nous parle notamment de sa vision positive et connectée de l’immobilier, de l’importance du savoir-faire dans chaque corps de métier et de la recherche de la flexibilité maximale dans les constructions d’aujourd’hui.

1. Intelligence artificielle, réalité virtuelle, énergie issue de l’hydrogène, drones, big data, impression 3D, etc. Quelle est, selon vous, la nouvelle technologie qui aura le plus grand impact sur votre entreprise dans les années à venir ?  

Comme chacun sait, le secteur de l'immobilier – et par extension celui de la construction – était, par le passé, l'un des moins innovants, mais un vent nouveau souffle aujourd'hui sur notre secteur. J'attends beaucoup, pour l'avenir, du captage et surtout du stockage des gains en énergie non fossile, comme l'énergie solaire, la chaleur géothermique et même l'énergie éolienne. Espérons que, sur le plan du stockage de l'énergie en particulier, de grandes avancées seront réalisées dans les prochaines années. Je crois aussi fermement en l'immobilier en tant que service, dans lequel les big data, l'intelligence artificielle et la gestion intelligente des bâtiments occupent une place importante. Enfin,les méthodes de construction innovantes, telles que la construction flexible et le CLT, constituent de bons moyens de réduire la complexité des chantiers.

2. Vers quel métier de la construction les jeunes doivent-ils, aujourd'hui, orienter leur formation pour s’assurer une carrière intéressante et bien rémunérée dans le secteur de la construction : coffreur, menuisier, plombier... ou plutôt planificateur ou ingénieur ?  

Faites ce que vous avez envie de faire. C'est la base d'une carrière intéressante. On observe une évolution vers la PropTech et une automatisation accrue mais, en ce qui me concerne, le savoir-faire et la qualité restent des aspects incontournables. L'innovation touche aussi les métiers plus classiques du secteur de la construction, ce qui offre de nouvelles opportunités. Pour moi, il n'y a donc pas de vérité absolue. Mais comme je le disais, suivez vos intérêts et, avec l'aide d'un bon mentor pendant les premières années de votre carrière professionnelle, les opportunités se présenteront, quel que soit le sous-secteur.

3. La crise du coronavirus vous a-t-elle appris quelque chose que vous ignoriez sur votre entreprise ?

Miix est une jeune entreprise qui a aujourd'hui deux projets en préparation pour la demande de permis. Le passage en mode confinement s'est donc fait relativement rapidement. Cependant, les phases de préparation et d'acquisition de nos projets nous ont vite fait remarquer que le secteur de l'immobilier – et par extension, celui de la construction – est un «  people business », un secteur de contacts humains. Nous disposons d'un vaste réseau, notamment avec nos actionnaires, que nous entendons tous les quinze jours, mais il est difficile d'établir et de maintenir le contact par la voie numérique. Exposer nos visions à des villes et communes, administrations ou autres organes est plus aisé par le contact direct que virtuellement. De même, expliquer ce que Miix représente reste plus efficace en personne.  

4. Quelle est, selon vous, la plus grande menace pour votre entreprise/secteur ? La concurrence étrangère, la pénurie de personnel qualifié, les coûts salariaux ? Autre chose ?

Pour les développeurs de projets : une trop grande fragmentation du marché immobilier. Et puis nous venons d'arriver en tant que nouvel acteur. De la concurrence supplémentaire... Aujourd'hui, le prix des terrains est souvent (trop ?) élevé en raison d'un excédent de liquidités sur le marché et une fragmentation trop importante de celui-ci. La question est de savoir si tout cela reste réalisable et si, au bout du compte, l'abordabilité et la qualité des projets ne s'en trouvent pas compromises. En tant que jeune développeur de projets, nous craignons que notre enthousiasme nous pousse à participer à une surenchère. Souvent longues, les démarches d'octroi de permis, avec leurs éventuelles procédures de recours, posent également un problème. Enfin, je mentionnerai encore les développements de zones à grande échelle, qui, en raison d'une propriété traditionnellement fragmentée, ne sont jamais une mince affaire. Il ne s'agit pas seulement de la copropriété d'immeubles d'habitation, mais aussi de parcelles plus petites qui compliquent l'élaboration d'une vision globale pour une zone.

5. Les bâtiments sont-ils encore construits pour l'éternité ou leur attribuera-t-on bientôt une date d'expiration ? 

Je ne pense pas que nous ayons jamais vraiment construit pour l'éternité, notamment à cause du manque de flexibilité des lourdes structures en béton et du caractère très rigide et peu varié des redéveloppements. Aujourd'hui, on recherche beaucoup plus une flexibilité maximale, ce qui est le début d'un plan durable. Une structure souple permet de répondre aux besoins futurs à moyen et long terme. Un genre de « plug & play » pour les nouvelles techniques, nouvelles fonctions...
 

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