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«Une frite dans le ventre»

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«Une frite dans le ventre»

La Ville de Bruxelles veut doter les fritkots situés sur son territoire d’une identité visuelle forte pour devenir la nouvelle référence iconique de cette institution belge.

© theo.be

«Fritkot»: substantif issu du dialecte bruxellois de «friet» (frite) et kot (cabanon), il supplante progressivement le frituur flamand et le frîtûre wallon pour accoucher d’un concept qui fleure bon la Belgique et fédère autour de lui toutes les régions du pays.

Preuve de l’importance du fritkot dans la culture belge (et singulièrement bruxelloise), la Ville de Bruxelles lance le projet de remplacer les huit friteries et kiosques situés sur son territoire par de nouveaux établissements flambants neufs destinés à devenir la nouvelle référence iconique de cette tradition culinaire belgo-belge.

Cet appel à projet baptisé «Une frite dans le ventre» est ouvert depuis le  17 juillet et se poursuivra jusqu’au 17 octobre 2017. Organisé en collaboration avec les exploitants des fritkots bruxellois et les départements des Affaires Economiques et de l’Urbanisme de la Ville de Bruxelles, «Une frite dans le ventre» porte sur la conception architecturale et la création d'une identité visuelle des nouvelles friteries installées sur le territoire de la Ville de Bruxelles.

Les architectes et les professionnels de l’espace public sont donc invités à développer un modèle de bâtiment destiné à accueillir une friterie. Celle-ci devra présenter des caractéristiques propres à l’identité bruxelloise (à chaque concepteur de déterminer ce qu’on veut bien entendre par-là…). Le lauréat du concours aura l’opportunité de pouvoir mettre en œuvre son projet de manière concrète

Les offres doivent être remises par voie électronique avant le 17 octobre 2017.

Donner une vraie identité visuelle aux fritkots bruxellois

C’est que la question est d’importance, surtout s’agissant d’un désormais fleuron du patrimoine culturel et immatériel de l’Unesco...

En effet, comme on peut le lire sur le très instructif site de l’Union Nationale des Frituristes (Navefri-Unafri), il n’existe aucune architecture type pour le fritkot.  

Les premières baraques à frites sont mobiles et ne peuvent stationner la nuit sur la voirie. Mais la possibilité de louer à titre précaire un emplacement aux communes va peu à peu se développer et certaines friteries vont devenir permanentes. Il s’agit alors de simples roulotes bloquées par des cales en bois ou des pierres, même si d'autres resteront ambulantes, se déplaçant au gré des marchés, kermesses et brocantes.

La location d’un espace permet aussi l’installation de baraques en dur, souvent réalisées en parant au plus pressé, avec des matériaux bon marché ou de récupération. Il est vrai que le contenu du fritkot a bien plus d’importance aux yeux des clients que le contenant… 

La forme du fritkot important finalement fort peu, on va voir des exploitants bricoler camionnettes ou même bus qui ne durent que le temps nécessaire à l’humidité et à la rouille d’attaquer les carrosseries.

La multiplication des fritkots extérieurs entre 1950 et 1980 (c’est à cette période qu’on en recense le plus grand nombre et si le chiffre est quelque peu retombé depuis, on en compte  tout de même encore 5000 sur l’ensemble du territoire…) ne va pas sans poser de problèmes d’ordre à la fois architecturaux et urbanistiques.

Si certains fritkots s’intègrent harmonieusement au paysage, de nombreux autres finissent par hérisser les autorités en raison de leur état de délabrement avancé, de leur esthétique décatie et parfois peu compatible avec celle des monuments avoisinants, d’une non-conformité aux règles d’urbanisme,  de problèmes d’hygiène ou encore parce qu’ils occupent un espace dont on ferait bien un parking…

Le fritkot est ainsi devenu encombrant pour les pouvoirs publics qui vont donc tenter de s’en débarrasser: refus de nouvelles implantations, refus de renouvèlement de permis, etc.

Bien des frituristes n’ont alors d’autres possibilités que de s’installer dans un bâtiment «en dur» construit à dessein ou choisi dans le bâti existant.

 

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