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Une nouvelle norme pour le béton apparent

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Une nouvelle norme pour le  béton apparent

Béton apparent.

Le «béton apparent» est un béton qu'on coule sur chantier («in situ»). C'est un béton qui doit à la fois respecter les «exigences structurelles» - à savoir, une solidité suffisante pour supporter les charges qu'on lui impose - mais aussi répondre aux exigences esthétiques qu'on en attend étant donné qu'il reste apparent. Par exemple, des voiles ou des colonnes dont la surface est destinée à rester visible peuvent être qualifiés de «béton apparent». Une nouvelle norme belge consacrée au béton apparent - actuellement à l'enquête publique - propose un cadre clair et objectif permettant de spécifier la qualité de béton attendue et d'évaluer le résultat obtenu. Une Note d'Information Technique est également en préparation à ce sujet.

Le Comité technique (CT) «Gros œuvre et entreprise générale» du CSTC - à qui revient l'élaboration de la nouvelle Note d'Information Technique - nous donne déjà ici quelques indications utiles quant à la classification du béton apparent.

Le cadre qu'on attendait

En l'absence de cadre normatif pour ce type de béton, on se basait habituellement jusqu'à ce jour sur les prescriptions techniques PTV 21-601. Ces prescriptions techniques - dont une nouvelle édition est d'ailleurs prévue cette année - concernent les éléments préfabriqués en béton architectonique et se basent sur les documents étrangers existant à ce sujet.

Le projet de norme belge en cours est le fruit d'un travail de longue haleine' La nouvelle norme viendra compléter utilement celles qui existent déjà en matière de spécification (NBN EN 206 et NBN B 15-001) et d'exécution (NBN EN 13670 et NBN B 15-400) pour tout ce qui concerne les caractéristiques esthétiques du béton. Le projet en cours se base notamment sur les travaux de recherche réalisés - notamment par le Centre Scientifique et Technique de la Construction (CSTC) - et sur l'expérience acquise en Belgique par les auteurs de projets, par les entrepreneurs généraux, par les fournisseurs de matériaux; bref, par tous ceux qui s'y connaissent en la matière.

De quel béton parle-t-on'

La nouvelle norme s'appliquera surtout au béton gris, brut de décoffrage, de surface lisse (ZBA/1) ou de surface finement texturée (ZBA/2), soit les deux types de béton apparent les plus courants parmi les six types définis. Les autres types ZBA/3 à ZBA/6 se rapportent aux surfaces de béton grossièrement texturées, par exemple à l'aide de matrices de coffrage à base d'élastomères ou bien travaillées par grenaillage.

Quatre critères relatifs à l’aspect

La norme propose une classification basée sur quatre critères relatifs à l'aspect. Ces critères seront ceux qui permettront d'évaluer la qualité d'un béton apparent:

n la texture (T): absence de traînées de sable, régularité de la surface, des arêtes et des joints, '

n le taux de bullage (LBA): seules les bulles d'un diamètre compris entre 2 et 15 mm sont comptabilisées, les bulles de plus grand diamètre étant considérées comme des cavités (non admises)

n l'homogénéité de la teinte (HT)

n les tolérances de forme (VF): dimensions, planéité, rectitude des arêtes, désaffleurements, '

Pour chacun de ces critères, on propose trois classes (de 1 à 3), la classe 1 étant la moins exigeante et la classe 3 la plus exigeante. Pour la texture, par exemple, on distingue les classes T1, T2 et T3. Idem pour le bullage (de LBA1 à LBA3) et pour l'homogénéité de la teinte (de HT1 à HT3), comme on le voit dans les deux tableaux repris ci-dessus, ou encore pour les tolérances de forme, de VF1 à VF3.

Béton apparent conforme, supérieur ou exceptionnel…

En considérant un béton apparent selon les quatre critères qui précèdent, on peut ainsi le classer en catégorie A (simplement conforme) s'il obtient la classe 1 dans chaque critère. On lui attribue la catégorie B (supérieure) s'il obtient la classe 2 dans chacun des quatre critères. Il mérite enfin la catégorie C (exceptionnelle), s'il obtient à la fois un T3, un LBA3, un HT3 et un VF3. C'est ce qu'indique le tableau qui suit.

La classe A s'applique par défaut, mais elle exige déjà un minimum de soin et une certaine maîtrise. Certaines réalisations particulières peuvent nécessiter la prescription d'une classe B ou C, qui peuvent demander diverses précautions particulières et faire monter le coût de l'ouvrage. L'auteur de projet peut aussi choisir de faire mettre en œuvre des éléments en béton architectonique. Il faut alors que cela soit précisé dans les documents d'adjudication.

Méthodes d'évaluation

Même lorsque le plus grand soin a été apporté à la réalisation de l'ouvrage en béton apparent (y compris un essai préalable sur un mur témoin), certains défauts apparaissent inévitablement au vu des nombreux paramètres en jeu (composition du béton, panneau de coffrage, huile de décoffrage, délais de mise en œuvre et de décoffrage, conditions climatiques, '). En cas de litige, la norme propose des méthodes objectives permettant d'évaluer la qualité du résultat. Le présent article traite en particulier du bullage (LBA) et de l'homogénéité de la teinte (HT).

Evaluation du bullage par la méthode d'analyse d'images

En cas de contestation, le bullage était auparavant évalué par comparaison avec l'échelle de référence du CIB avec ses sept photos représentant différents niveaux de bullage, du plus faible au plus prononcé. Cette méthode simple, mais relativement subjective est dorénavant remplacée par une analyse d'image numérique.

La méthode consiste à prendre une photo nette de la zone à évaluer et à la convertir ensuite en noir et blanc. L'image est alors analysée à l'aide d'un logiciel capable d'identifier les bulles et de quantifier la surface qu'elles occupent (un calibrage effectué à l'aide des images de référence fournies dans la norme est nécessaire au préalable). Chaque analyse est finalement validée par le biais d'un contrôle visuel, afin de vérifier la correspondance entre les bulles d'air détectées et celles apparaissant sur la photo originale.

Evaluation des nuances de teinte à l'aide de l'échelle des gris ou du colorimètre

Les nuances de teinte grise peuvent être évaluées, en première approche, en appliquant l'échelle des gris BE sur le parement en béton apparent (surface sèche et située à l'ombre).

En cas de doute, on peut aussi utiliser un colorimètre.

Cet appareil de mesure portable mesure la variation de teinte entre deux zones, avec précision et sans être influencé par l'opérateur ou les conditions d'ensoleillement. Treize mesures sont ainsi réalisées par zone de 50 x 50 cm². Le résultat est ensuite comparé à l'écart maximal admissible.

Référence:

Adaptation libre d'un article rédigé dans le cadre de l'AN «Tolérances et aspect» subsidiée par le SPF Economie. Seul cet article, signé par les ingénieurs du CSTC J. Piérard (chef du laboratoire «Technologie du béton»), N. Cauberg (chef du laboratoire «Structures») et J. Wijnants (chef de la division «Avis techniques»), peut être cité en référence (voir www.cstc.be).

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