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Vols et contrefaçons: l’univers impitoyable du bâtiment

Vols et contrefaçons: l’univers impitoyable du bâtiment

Vols sur chantier et contrefaçon de matériel sont quelques-unes des calamités avec lesquelles le secteur de la construction doit composer.

L’année dernière, le site français Batiactu avait mis en lumière l’importance prise par la contrefaçon, notamment dans le secteur du bâtiment. En France, c’est un véritable marché parallèle qui s’est mis en place au point d’attirer l’attention des compagnies d’assurance, alertées par le nombre d’interventions coûteuses consécutives à des sinistres provoqués par du matériel pirate. Pour les fabricants français, la perte est estimée à 1,5 milliard d’euros par an! Sont concernés les matériaux (robinetterie, carrelages, panneaux solaires, adhésifs…) mais aussi les vêtements professionnels (casques, bottes…).

Contrefaçon en Belgique: rien à signaler.

Ces contrefaçons font l'objet de toute l'attention des services publics et des fabricants car, indépendamment de la perte financière occasionnée, cet outillage «bidouillé» peut se révéler très dangereux, voire mortel pour les utilisateurs, en raison d’une solidité moindre, d’une durée de vie plus courte, de l'absence de garantie et de service après-vente, etc. A noter que les matériaux de construction achetés sur internet représentent désormais la filière de distribution privilégiée des contrefacteurs.

Une seule chose à faire: rester vigilant… Et se méfier des affaires trop profitables pour être honnêtes.

Et en Belgique? S’agissant de notre pays, ce qui étonne le plus… c’est l’absence quasi-totale d’informations sur le sujet. Comme si la contrefaçon n’affectait pas le bâtiment dans notre pays…

La plaie des vols sur chantier

Les statistiques datent de 2011, mais elles sont visiblement encore d’actualité: chaque année, un entrepreneur sur trois est victime d'un vol sur chantier. Selon les chiffres de la Police fédérale, entre 3.000 et 4.000 vols de ce type sont déclarés chaque année en Belgique. Des chiffres hallucinants mais qui, selon la Confédération Construction, ne représenteraient que la partie émergée de l'iceberg. En effet, une enquête menée en 2009 par la Confédération auprès de ses affiliés avait révélé que seul un vol sur cinq était déclaré à la police. La fréquence des vols sur chantier serait donc significativement plus élevée: la Confédération estime de 15.000 à 20.000 le nombre de vols perpétrés chaque année.

Chez notre voisin français, on laisse entendre qu’une entreprise sur deux a été victime d’au moins un vol significatif de plus de 10.000 euros. A noter que 56% des vols sont des vols simples (vols d’opportunité), 43% sont avec effraction et 1% avec violence ou séquestration.

Quant aux voleurs, ils ne sont pas difficiles: la quasi-totalité des départements français sont touchés, tous les métiers sont concernés et les entreprises de toutes tailles sont visées.

Une perte sèche de près de 100 millions d’euros

Véritable fléau, le phénomène des vols sur chantier - qui ont lieu pour la plupart pendant la nuit, le week-end ou lors des congés du bâtiment - est en recrudescence depuis quelques années. Les entrepreneurs le constatent dans les faits. Et la Police fédérale dans les chiffres. Bilan: entre 80 et 100 millions d'euros de pertes pour le secteur de la construction!

Parmi les zones à risques, on compte les ports - Anvers, Ostende et Zeebrugge - et les régions frontalières, notamment celles qui jouxtent l'Allemagne, pays de transit vers les pays de l'Est, mais aussi les grandes villes où le nombre de chantiers est plus important. Et quand les marchandises volées passent la frontière, les chances de les retrouver s'amincissent.

Un entrepreneur averti en vaut deux

Les entrepreneurs ont à leur disposition tout un arsenal de moyens techniques pour prévenir les vols, en fonction du matériel qu'ils souhaitent protéger. Les clôtures peuvent être équipées d'un câble optique qui donne un signal d'alerte en cas d'effraction. Le petit matériel peut également être équipé d'une clé spécifique et d'un système anti-démarrage. Pour le matériel roulant, il existe un système de balise track-and-trace, qui avertit par exemple le propriétaire par sms lorsqu'un véhicule quitte le chantier sans autorisation. Mais des mesures plus simples, telles que le marquage du matériel, peuvent également être utiles.

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