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Wallonie: pesticides en décret

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Wallonie: pesticides en décret

La friche industrielle du Laminoir de La Rochette, hautement polluée. (© SPAQuE) 

Le Parlement wallon a approuvé le projet de décret du ministre wallon de l'Environnement, Carlo Di Antonio, révisant le décret «Pesticides» du 10 juillet 2013. Par ce vote, le Gouvernement wallon est dorénavant compétent pour restreindre ou interdire, sur son territoire, l'utilisation de pesticides contenant des substances actives présentant un risque pour la protection de l'environnement, pour la santé humaine ou pour la conservation de la nature sur son territoire. Comme nous l'avions déjà détaillé dans ces colonnes (voir La Chronique n°41 en page 26), le nouveau texte s'applique désormais aux terrains privés et non plus uniquement aux terrains publics et lieux fréquentés par le public ou des groupes vulnérables. Une tolérance est cependant prévue envers l'utilisation de ces produits pour lutter contre certaines plantes invasives.

D'autre part, le Gouvernement wallon pourra désormais fixer des conditions visant le personnel chargé de la vente des pesticides visés. Le but est évidemment de garantir une information pertinente aux utilisateurs sur les précautions à adopter et sur les risques de ces produits. De même, les produits contenant du glyphosate devront être retirés des rayons ou mis sous clé. Fort de ces nouvelles habilitations, le ministre proposera au Gouvernement d'adopter un arrêté visant à interdire l'usage du glyphosate en Wallonie par des non-professionnels ou pour le compte de ceux-ci.

Ceci dit, le ministre aurait préféré un cadre législatif plus cohérent permettant qu?un produit phytopharmaceutique présentant de tels risques soit simplement interdit à la vente, mais la Région ne dispose pas de la compétence nécessaire dans ce domaine. Un appel a bien été dressé à plusieurs reprises au Gouvernement fédéral pour interdire la mise sur le marché de plusieurs substances problématiques dont le glyphosate, et plus généralement de tout produit commercial dont l'ensemble des analyses de risque n?a pu aboutir, mais sans réaction à ce jour.

 

Feu vert à la réhabilitation du Laminoir de La Rochette

Le même ministre, sous la double casquette de l'Environnement et de l'Aménagement du Territoire cette fois, a chargé la SPAQuE de la réhabilitation du site «Laminoir de la Rochette» à Chaudfontaine.

D'une superficie de 5,5 hectares, cet important site industriel a accueilli de nombreuses activités depuis la fin du XIXe siècle, mais était quasiment à l'abandon depuis 2012. Seules subsistaient les infrastructures industrielles. Le site est bordé au nord par le chemin de fer et la Vesdre et au sud, par la nouvelle station d'épuration de l'Aide et par une zone Natura 2000 (Bois-les-Dames et zone calaminaire).

Le 15 avril dernier, le Département de la Police et des Contrôles (Dpc) ? Unité de répression des pollutions et la SPAQuE ont visité cette friche industrielle désaffectée, siège de l'entreprise Galvanoplastie Maurice Gilson déclarée en faillite en février 2014. Six jours plus tôt, le Dpc s'était déjà rendu sur place et avait effectué un premier constat inquiétant. A l'exception d'un hangar occupé par un entrepreneur en peinture, le reste des bâtiments était ouvert à tous vents. De nombreuses déprédations étaient constatées, notamment la vidange de bains de galvanisation à même le sol, voire dans le bief traversant, en sous-sol et à ciel ouvert par endroits.

Par ailleurs, de nombreux produits chimiques dangereux sont stockés un peu partout: acides sulfuriques, acide nitrique, acide chlorhydrique, soude caustique, sels de métaux lourds, produits de traitement de surface des métaux, colorants, etc. Des matériaux susceptibles de contenir de l'amiante sont également présents sur le site. Enfin, un laboratoire aux armoires contenant de nombreux produits chimiques est accessible au tout venant.

Face à cette situation et en réponse à la demande du ministre, la SPAQuE a aussitôt placé le site sous gardiennage permanent et une demande de remise de prix pour, dans un premier temps, évacuer les produits dangereux, a été transmise à plusieurs entreprises. Le marché a été attribué à la société Sita Wallonie. Celle-ci a entamé la mise en place du chantier et entamé les premières évacuations de produits dangereux (pompage des cubitainers et des citernes). Parallèlement, un audit des bâtiments va commencer afin de dresser l'inventaire de toutes les substances à évacuer, avant de procéder à la déconstruction sélective des bâtiments dont une partie menace ruine.

Une étude des sols a également mis en évidence des traces de métaux lourds, d'hydrocarbures aromatiques polycycliques, d'huiles minérales, d'hydrocarbures chlorés volatils et imposant un traitement prioritaire. Le lancement récent des travaux de réhabilitation permettra à la fois d'améliorer la situation environnementale du site et d'offrir de nouveaux terrains aux investisseurs. 

Les travaux de réhabilitation de cette friche industrielle seront financés à hauteur de 2.775.360 euros par le Plan Marshall 2.vert.

 

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